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(Article of book - 2000)

Document title

Conservation contre nature (les îles Galapagos)

Authors(s) and Affiliation(s)

Grenier Christophe ;

Abstract

L'introduction rappelle la valeur heuristique de l'insularité, d'où le parallèle établi entre les îles et la planète à propos de l'évolution du monde contemporain. La première partie montre que la nature des Galápagos, si originale soit-elle, est en réalité devenue un espace, enjeu de multiples usages. L'objet du premier chapitre est double. Il décrit la nature des Galápagos : une géologie tumultueuse et des irrégularités climatiques dues aux fluctuations des courants océaniques rendent difficiles les colonisations naturelles et humaines ; leurs paysages aux animaux et plantes caractéristiques varient selon l'altitude, l'exposition aux vents dominants et l'action de l'homme et des organismes qu'il a introduits dans l'archipel. Et ce chapitre explique la singularité de cette nature en rappelant l'escale de Darwin et en appliquant sa théorie de l'évolution complétée par des travaux contemporains sur l'écologie insulaire. On comprend ainsi que l'isolement des Galàpagos a permis la spéciation géographique de nombreuses populations végétales et animales, et que sa rupture est synonyme de perte de biodiversité. Or l'histoire des Galàpagos, relatée dans le second chapitre, est celle de la transformation de leur nature singulière en espace ouvert. Découvert au XVI[e] siècle par les Espagnols, l'archipel n'est véritablement inclus dans le système Monde qu'à partir de la fin du XVII[e] siècle, comme base de flibustiers britanniques. Au XIX[e] siècle, bien qu'annexées par l'Équateur, les Galápagos continuent d'être utilisées à leur guise par les étrangers, les naturalistes supplantant les baleiniers de Nouvelle-Angleterre lors de la seconde moitié du siècle, qui marque aussi la colonisation définitive de l'archipel par des entrepreneurs et leur main-d'oeuvre servile raflée sur le continent. L'intérêt croissant des Occidentaux pour les Galápagos, dont ils veulent se faire céder tout ou partie et où arrivent par ailleurs une poignée de pionniers européens, conduit l'État équatorien à chercher à arrimer les îles au territoire national par des traités internationaux portant sur l'utilisation de leur situation stratégique ou de leurs ressources naturelles. Ce sont finalement les naturalistes occidentaux qui, après être passés de la collecte de spécimens à l'étude des relations entre les espèces et leur environnement, semblent définir l'usage dominant de ces îles, puisque c'est sous leur pression que le parc national des Galàpagos (PNG) est créé. Cette <<<> naturalisation <>>> de l'archipel, traitée dans le chapitre III, se traduit également par l'installation d'une station de recherche biologique permanente, la station de recherche Charles-Darwin (SRCD), chargée d'aider à sa conservation. Mais le recensement des recherches qui y sont menées tout comme les entretiens avec divers scientifiques permettent de voir que les sciences naturelles n'aident en rien à la conservation des Galápagos : au contraire, le PNG a enclenché le processus conduisant à la destruction de la singularité de ces îles. Car une fois la nature mise en valeur par une conservation très médiatisée, le tourisme, l'immigration et les administrations destinées à les encadrer peuvent alors rattacher les Galàpagos au monde : c'est le thème de la seconde partie.

Source

Book

Published at : Latitudes 23 / ISSN 1278-348X

Editor : IRD, Paris - FRANCE (2000)

Millesime : 2000  [376 pages]

Bibliographic references : 12 p.

Collation : Illustration ;

Language

Français

Localisation

Laboratoire INTERGEO - Paris

INIST-CNRS, Cote INIST : L 28083

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